Vendredi 9 mai 2008



 

Cinq chansons de l'adolescence, traduites de l'américain par Arno Calleja et Samuel Rochery.


 





















15. Tigres

J'embrasse les filles qui parlent le Marcuse.

J'embrasse les garçons qui parlent le Foucault.
J'adore les gamins qui connaissent Adorno
et qui toisent ceux qui ne le connaissent pas.
Je fais l'amour en théorie et je me touche en pratique.
Ce qui est bon pour la posture est bon pour la pose.
Qui a lâché les tigres pour tuer les amants ?


18. Rien de plus noir.


On a tous besoin d'une petite pénétration.

On parle tous nos langages privés dans nos conversations.
On a tous besoin de notre propre génération.
C'est quoi la mienne ? c'est quoi la mienne ?

Tu n'es que ce désir en plastique ?

Cette fausse flamme elle t'a allumé ?
Cette plaie inversée qu'on gratte et qui saigne pour quoi ?

Tu n'es que ce désir en plastique ?

Cette fausse satisfaction elle t'a allumé ?
Sois juste. Sois droit.


10. Photos de classe.


Ta charitable objectivité n'existe pas.

L'esthétique dans l'histoire n'est pas dialectique.
Parce qu'il n'y a plus de référence.
Où est-elle passée ? Oubliée.
Mon corps de travail c'est l'exploitation.
Et ça le fait je dois dire.


3. Le désordre c'est pas toi.


Ton désordre c'est pas moi.

C'est un chapeau que tu mets et je l'ai porté trop longtemps.
Et j'aime pas briser ton petit coeur,
mais le désordre c'est vraiment pas toi.
On s'en tape de ce que dit un t-shirt.
Achète un livre.
Renseigne-toi.
Je suis à toutes les pages.


9. Trace du corps inconnu.


(Instrumental)


5. J'veux me battre

Ca c'est une lettre pour toi :

« Hé l'ami, tu ne me connais pas,
mais tu crois que oui,
et j'aimerais mieux que non.
Je suis l'ami de tout le monde,
et je suis personnellement lié à toi.
Cette chanson est aux frais de la maison
mais après c'est ton tour.
J'aime pas comment tu me traites,
j'veux me battre. Que ce soit clair.
J'ai oublié ton nom, mais je serais très heureux de
t'exploser la gueule avec une queue de billard. »


P.S. ...



par Benjamin Compson publié dans : Les cahiers
Samedi 3 mai 2008




préférez-vous une voiture de sport ou la poésie une voiture de sport un week-end à menton ou la poésie un week-end à menton passer une nuit avec jlo ou la poésie une nuit avec jlo fonder une famille ou la poésie fonder une famille vous pouvez aussi fonder une famille en poésie je répète la question préférez-vous fonder une famille ou la poésie fonder une famille en famille sans poésie si vous avez la poésie l'échangez-vous contre une forte somme d'argent je l'échange vous devez choisir entre un CDI et la poésie que choisissez-vous la poésie non le CDI petite hésitation j'en ai assez de vos questions et bien casse toi connard retourne à ton monde de brutes

 

 

 

 


par Benjamin Compson publié dans : Les cahiers
Vendredi 18 avril 2008




Un livre est sur le corps dans la langue. Râpeux, sur rien. Du livre a besoin d'être lu pour être refermé, positionne du lecteur en marge pour complémenter chacun complimentant, en risquant une illustration, mais aussi finition, vernis. Des « etc. » signalent au passage que le livre aurait pu être beaucoup plus long.

Maintenant, ce manque de relief dans l'époque, dans le livre est une platitude, un manque de savoir-vivre. Simplification du relief, l'illusion du relief rejoue dans des contradictions. Livre maquette, sans doute son aspect le plus sombre, mais aussi le plus démultiplié. Sans cesse le dispositif nous rappelle ce qu'est un livre, ce dont il s'agit dans un livre. L'oncle une biodiversité pas seulement sur des chevaux, prise comme exemple universel. Un livre est sur les humains général, contenant des descriptions générales. Livre d'anatomie, non pas livre sur les pronoms, quoiqu'il y ait cette liste d'objets socio-économiques organisée en panorama dedans.

Réalité tactile en l'espace de trois phrases ne se présente pas comme livre de poésie. C'est un livre technique, how-to. Ivre technique. Très écrit à force d'en vue de la lecture, couverture pour une fois réussie du sujet qu'il, solidement - en réalité tel n'est pas non plus son sujet, ni la façon dont il se déploie. Un sujet est du livre. Autre chose qu'un essai sur la figure refuse tout simplement (radicalement) d'être assertif. Ou alors concentrique. Singularité griffe.

 

Retrad.

Un livre politique sur le corps dans la langue, une configuration râpeuse. Livrez sur rien (Flaubert). Mises à mort violentes d'une personne hors de ses livres, et découpage d'Indien-lecteur avec la machette de sa propre version de l'histoire en marche. Ce manque de soulagement du temps est une planéité, un manque de bonnes façons, assurément l'aspect le plus foncé du livre mais également davantage embrayé. L'illusion du soulagement, que la construction des perspectives à partir du lecteur ne permet pas de réaliser pleinement est tendue donc, qui nonglad unceasingly au jeu pour contrecarrer rejoue de waitings son dispositif.

Les cf. gercent. C'est un livre précise ce qui est un livre, dont et cela au sujet d'il est dans un livre. Un livre sur l'humain général contient des descriptions. L'humain dans le son n'est pas un livre au galop c'est l'oncle, désigné en exemple. Rythme. Un livre d'anatomie est livre des pronoms. L'intérieur d'une liste devient objet socio-économique, tactile en l'espace de trois phrases. Le livre écrit. La force d'être minime n'est pas précisée comme technique.

 

Re: Retrad

Dans la bouche d'une personne hors des personnes dans elle. Découpage de versions propres. L'histoire, planéité de bonnes façons. L'aspect le plus foncé embraye sur l'illusion optique. Des perspectives sont parties du lecteur pour le contrecarrer. Les cf. gercent, c'est précis nous. Ce est un livre, il tout en est le livre. Un humain général contient des décrivants. L'humain dans l'oncle, dessin rythmique. Un livre d'anatomie n'est pas livre de l'intérieur. Une page de liste est un livre d'espace, un oeil traité en devenir. Pêcheur livré, être mimal. Un livre n'est pas ou est le présent de trois phrases.

La fin du texte aborde les critères de ce que serait une sculpture pour de bon. Guise de Potlatch, l'auteur confié à même la trame de l'enregistrement. L'écoute est oratoire, coupe afin de citer, boucle afin de produire, monte afin de poser, accélère et ralentit afin de donner à entendre ce qui n'était pas, ensemble de nuances que l'oeuvre ignorait céder. Recycle des définitions, écoute des pages de livre, et de ce centre arbitraire tient un journal. C'est en définitive un espace symbolique : une île de sens vers laquelle tendre sans pouvoir jamais entrer. Commençons par finissons-en. Et puis les noms d'y revenir.

 

Suite

Vitesse de croisière sur mesure finalement. S'installe un vide ambiant, désertification, et un certain dépit à devoir en finir. Mort sociale des sujets qui dessine des ombres, musée où trône le squelette d'avoir voulu de trop près voir le Vésuve recrachant ses cendres. Ceux qui ne l'ayant pas vu commentent ses mots reconstruisent le lieu d'après. Au siècle suivant lanterne magique. Violents, on finit par se le redire. Ce sont surtout des secousses des rebondissements. Nombre content d'animations, cultes de poids, à embarrasser jusqu'aux rayonnages. Vaste monde que la France non poétique, immortalisée plus explicitement mais broyée bien trop vite par de la documentation. Vue sur une édification, la forme d'yeux qui lisent. Passion considérable entre la rétine et le cristallin, à la fois laide et anodine aussi. Série d'archétypes du monteur-cadreur qui leur a si bien éclairé la voie, carte soupçonneuse inquiète du bien-fondé des égards de la représentation pour elle. Cratylisme scientifique des lecteurs cruels. Ponctuation expressive, sans légende. Bains d'exactitude, et compilation des regards, neuro-science mixte. Chloroforme sur des descriptions, qui appose son tampon naïf. Ration spontanée d'accroches, scratch, velcros. Réception, s'il vous plaît. Gourmandise à la fois phonique, pas tout à fait causale. Circonstances ou comment ensemble les choses s'il n'y a pas de paragraphes. Un objet mal posé peut l'être bien poétiquement. Pragmatisme contextuel enviable, romanesque jusqu'à dehors d'auteurs dont le nom a le pouvoir de faire disparaître langage et livre toute l'idée du livre en lui momentanément. Ration et doses, et poésie. Voir Nantes dans « il faudrait voir les rues de Nantes ». Le journal intime super-8, dans de la danse. La sophistication d'une description de volets sur des façades tordant le lecteur réellement. L'expression « banc de poètes » (ban(de) de poètes). Ban. Et chacun plan oblique fuyant, inconclusif. Rugosité de l'exposition réciproque et saisissante, comme on dit d'un mets cuisant. Et cuisante démembrée pour autant d'effusions. Les postures habituelles évacuent le travail primitivement, l'image du travailleur méchant aussi bien que le travail hors-norme du monteur-cadre, qui avait si bien éclairé jusqu'ici la lenteur des plantes. Perce la membrane après le bain défiguré. L'autre du corps passe par des retards sertis et diverses ambiguïtés entre le dedans et dehors. Ni muscle ni nerfs ni veines, ni ossature, ni drôlerie ni subtilité, ni non plus la façon dont il se déploie. Connectivité généralisée, battue en neige. Le biographique tout à la distance s'agite, s'agite. Le langage a des régions. Indifférenciations originaires, enfances du sens, tissu végétal jeune mais concrété ensuite, d'après les idées anciennes. Une sensation de spatialisation aigüe n'est autre que la fusion de la lentille et de la terrasse, constamment au bord du fleuve. Fascinations, essayez, collez vos mains l'une à l'autre.

par Benjamin Compson publié dans : Les cahiers
Samedi 12 avril 2008



1   Antoine Bréa Sur Ferdinando Camon et sur mes douleurs gastriques (52 visiteurs)

2   David Christoffel l
g-« leurre du simultané » (48)

3   David Christoffel
lg- « avatars et réformateurs » (45)

4   Eugene Ostashevsky 
Cher hibou (44)

5   David Christoffel
Rosace m'adolescente (41)

6   Claude Favre 
L'amour est un sport de combat (38)

7   Bertrand Laverdure
J'emploie un tricératops pour rédiger mon journal (32)

8   Angelo Monaco
Utilisation (31)

9   Nathan Parker
En mangeant de la neige (31)

10   Vincent Tholomé
Une station service (31)



(Statistiques effectuées par over-blog du 13/03/08 au 11/04/08.)





Mercredi 9 avril 2008



Traduit de l'américain par Laura Greco

 

 

Faisons un marché.

Tu me donnes ce champignon

et je me collerai

du parfum dans la jupe

pour que tu puisses me suivre à la trace.

Donne-moi l'agriculture du champignon

et nous nous marierons.

Des chevaux qu'on appellera Delilah

et Alfonse, et je suis sûre

que je pourrai te faire un gosse ou deux.

Tu apportes l'alligator au million

de dollar, et j'apporterai

le contrat. J'apporterai le casque,

les goggles, et le drill,

et on peut se casser tout de suite

et même pas jeter un œil derrière

sur les montagnes ton avion

s'est déchiré pour venir là, juste un velcro

à côté de ce que mon bulldozer peut faire.





Copyright Erica Ehrenberg et Octopus Magazine, 2008

par benjamin compson publié dans : Les cahiers
 

EDITO EN 3 POINTS


1) Les cahiers de Benjy sont un journal collectif à l'allure abstraite détourné en anthologie progressive, où tous les mois du calendrier disent qu'il y a une vie contemporaine des formes.

2) Plus ou moins cinq fois par mois, Les cahiers de Benjy accueillent un auteur / un texte, dans la rubrique Les cahiers. Les cahiers sont une idiothèque. Benjy l'idiot, au sens chronologique bizarre, enregistre l'écriture de comportements singuliers, les petits drames insulaires grammatiques.

3) Benjy a un frère, Bartleby. Il scribe de temps en temps dans la rubrique des citations composées. Les citations composées sont des petits magasins pour le travail, comme les liens.

Benjamin Compson 

AUTEURS


Gilles Amalvi
David Antin
Ludovic Bablon 

Joël Baqué
Jérôme Bonnetto
Antoine Boute
Antoine Brea
Victor Burgin
Vadim Bystritski
Arno Calleja
Tina Celona
David Christoffel
Clark Coolidge
Philippe Cou
Sylvain Courtoux
Kevin Davies
Rachel Defay-Liautard
Ray DiPalma
Erica Ehrenberg
Jihane El Meddeb
Claude Favre
Guillaume Fayard
Bruno Fern
André Gache
Renée Gagnon
Eric Giraud
Antoine Hummel
Julien de Kerviler
J. Kikomeko & Endure-Fort
Virginie Lalucq
Mylène Lauzon
Bertrand Laverdure
Samuel Lequette
Cécile Mainardi
Pierre Ménard
Angelo Monaco
Amanda Nadelberg
Baris Ogreten
Frank O'Hara
Sabrina Orah Mark
Orchid
Eugene Ostashevsky
Nathan Parker
Daniel Pozner
Martin Richet
Kit Robinson
Samuel Rochery
Claude Salomon
Soncric
Marie-Céline Siffert
Gertrude Stein
Nicolas Tardy
Vincent Tholomé
Dorothée Volut
Candace Walsh
Gilles Weinzaepflen


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