Samedi 15 avril 2006
Jeudi 6 avril 2006

à Ossip Mandelstam


La traduction est une des formes les plus difficiles et les plus exigeantes du
Travail littéraire, la création d’un système discursif indépendant sur la base
D’un matériau étranger. La commutation de ce matériau exige une intense attent
Ion, de la liberté, un riche génie inventif, de la fraîcheur d’esprit, de l’in
Tuition philologique, un clavier lexical étendu, la capacité de sentir le ryth
Me de la prose, de saisir la ligne de la phrase, de transmettre son rythme, so
N mouvement, son allure, alliés à l’auto-refrènement le plus sévère. Dans l’ac
Te de traduction lui-même, il y a une décharge nerveuse exténuante. Ce travail
Épuise et dessèche le cerveau. Un traducteur qu'on ne préserve pas s’use vite.
La traduction, c’est au sens strict du terme, un atelier insalubre. Les profes
Sionnels, obligés du fait d’un salaire de misère de rédiger des textes comme o
N fait des blinis, sans repos et sans trêve, livre après livre, d’année en ann
Ée, tombent malades nerveusement (il y a des êtres qui durent peu, parce qu’il
S sont composés de choses très différentes et qui se nuisent réciproquement. I
L y en a d’autres qui durent davantage parce qu’ils sont plus simples ; mais i
Ls périssent parce qu’ils ne laissent d’avoir des parties selon lesquelles ils
Ne peuvent être divisés (nos défaites, voyez-vous, ne prouvent rien ; sinon qu
E nous sommes trop peu nombreux à lutter contre l’infamie. Nous attendons de c
Eux qui nous regardent qu’ils éprouvent quelque honte (comme du yoga technique

(extrait de Onze pour table)
Une lecture de ce texte est audible sur le site du CipM :
http://www.cipmarseille.com/auteur_fiche.php?id=1612

Dimanche 2 avril 2006

Traduit de l'américain par Samuel Rochery



Les parents disent à leurs enfants de ne pas manger la neige jaune. Ils devraient leur dire de ne pas manger la neige rouge. Un enfant a juste besoin de manger une cuillerée de neige jaune et il aura appris sa leçon. Quelle sale mixture ! Qu’il dira. Et il n’en mangera plus. Mais son expérience avec la neige rouge sera différente.


Qu’est-ce que nous avons là ? Qu’il dira, en malaxant la chose dans sa bouche. La langue picote vraiment. Oui, cette affaire est surprenante et riche et je ne dois pas oublier combien ça plaisait à l’œil. Pourquoi, c’est comme un gâteau au fromage rouge fait avec des herbes de cuivre exotiques.


Ensuite sa tête commencera à taper et il deviendra très élégant et bien élevé. Il errera par les rues d’hiver sans but – et puis il trouvera un enfant étalant des anges sur de la pelouse blanche et il dira, quelle chance ! De l’herbe rouge ! Et plus tard, pas de doute, l’enfant d’un autre mauvais parent traversera cet endroit repoussant, demandant,  hm, qu’est-ce que nous avons là ? 





Publié dans Octopus magazine, no 2, 2004.
http://www.octopusmagazine.com/issue02/main.html
Copyright Nathan Parker et Octopus magazine.

 

 


Samedi 25 mars 2006



1

L'enfant vide
marmonne dans son coin
sa bouche sent bon
(il ne parle pas
ce sont les mots qui puent)
l'enfant vide dit l'enfant vide
s'acharne à ne pas
regarder autour de lui
il trébuche sur le trop-plein
coupant
qui l'entoure

2

Vide l'enfant vide
appelle sa mère entre deux
chemins Il semble perdu
deux routes sans signalisation
les voitures roulent trop vite
il faut traverser
la terre souvent
ne s'ouvre pas.

3

Il lâche toutes les mains qui le
tenaient ferme
quelque chose encore
pince-griffes-crochet
s'enfonce dans les bras de l'enfant vide
qui hoche la tête
"tu ne peux pas encore
bouger"
dit la bouche à l'enfant vide

4

La canne de l'enfant vide
est un os creux
tous les enfants ont des cannes
comme les vieillards
celle de l'enfant vide
est en os
creux bien sûr
et il frappe les murs
avec un plaisir évident

5

Les coutumes de l'enfant vide
peuvent porter à confusion
l'enfant vide vide les rapports de leurs
dernières certitudes
Les coutumes de l'enfant vide
sont celles d'un assassin :
"je suis vide tu es vide
tu approches je te traverse"
son couteau ressemble à vos couteaux
il ne se tient pas dans la main

6

La force de l'enfant vide peut
se comprendre comme
parler-avec-le-corps-d'un-autre
à force de nettoyer avec du sang
l'enfant vide a compris que les liquides
étaient tous écarlates
depuis, il ne pleure plus
il réfléchit

7

L'enfant vide se réjouit
de la souffrance de l'enfant vide
il sourit au dessus du visage de l'enfant vide
qui lui, hurle, attaché solidement
à son siège
en espérant que ses liens ne portent pas de nom

Dénouement

L'enfant vide ramasse son manteau
et s'assoit sur les genoux de l'enfant vide
n°2
qui ramasse le couteau rangé dans le tiroir
et l'égorge
Ainsi se termine l'histoire de l'enfant vide, égorgé par l'enfant vide n°2
sous les yeux de l'enfant vide
qui n'en croit pas ses yeux

Enquête subsidiaire

Le commissaire n°1
conclura à un accident
- cet enfant...
- "L'enfant vide" commissaire...
– Cet enfant a tout simplement avalé son corps
– il était vide quand on l'a retrouvé, commissaire
– imbécile...

Le commissaire n°2
conclura à l'influence du destin
- cet enfant
- "L'enfant vide" commissaire...
– cet enfant, en avalant son corps, nous a envoyé un avertissement.
désormais, il faudra être attentif à ce qui sort
de cette plaie, là, au niveau du cou.

Le coup,
conclura le commissaire n°3,
a été porté de l'intérieur vers l'extérieur
c'est donc
un suicide
sans aucun doute
et tous les enfants vides
sont coupables
- vous avez raison commissaire

Epilogue

Les deux premiers commissaires se sont immolés après avoir mis le feu
à leurs dossiers
Le troisième commissaire s'est enfermé dans son bureau
pour ne plus penser à l'enfant vide

Il a commencé à dessiner d'immenses spirales sur les murs de sa chambre
A ne plus reconnaître personne
"son identité,
a déclaré le commissaire n°4,
est partie en lambeau"

Lorsque le commissaire n°5 est venu le trouver, désirant éclaircir l'affaire,
il était déjà trop tard pour eux
la porte a claqué Le commissaire n°3 était le commissaire n°5 et
le commissaire n°5 le commissaire n°3
ensemble ils ont écrit le rapport
et l'ont rangé dans le tiroir
à côté du couteau

Mercredi 22 mars 2006
Vendredi 17 mars 2006

3. La pâcture républicaine ou l’incarnation pasteurisée (parabole intraduite du jargon dominant).

Sauf la bureautique des skyblogs, qui est le dernier bastion générationnel en 2005 dans le magmatique Occident, on peut considérer que le suicide politique constitue la seule panne technologique grave subie par le genre humain-français, chose somme toute rassurante pour tous ceux qui croyaient encore que le bug de l’an 2000 avait bouleversé la rotation de la Terre autour du soleil.

Et cela résulte directement de.

La façon perverse par le biais de laquelle on vautre systématiquement, depuis que j’ai poussé mon intérêt pour la politique jusqu’à voter aux régionales, l’élan citoyen, populaire, militant dans un recours législatif serré du cul ou, mettons, tendu du slip (on sent mieux peut-être dans cette expression ce que les procédés politiques en République Démocratique de France peuvent avoir de ringards et donc d’abominablement sexy pour un tas de gens d’une ringardise équivalente), cette façon perverse de manœuvrer par le droit contre l’espace des droits ressemble à une situation dont je me ressouviens maintenant, non sans une certaine émotion.

Et qui entretient des rapports étroits avec ce que je m’efforce de présenter dans la plus grande transparence et avec le plus de clarté possible.

Mais avant d’exposer cette situation, qui ne me paraît pas tant essentielle au propos d’aujourd’hui par son rapport indéniable avec les événements dont sont victimes en ce moment-même plus de 70% des gens de cette planète - sans compter que nous mourrons tous - mais plutôt parce qu’elle n’est réductible à aucune statistique et d’ailleurs presque pas réductible du tout, avant donc d’exposer cette situation j’aurais voulu, non sans écarter les critiques que ce discours pourrait susciter, non sans répondre aussi, au préalable, aux questions légitimes que se posent aujourd’hui les 60% de votants sur qui compte notre République (vaste et généreuse et qui prend les décisions douloureuses que quelques deux dizaines de millions de non-votants rechignent à approuver franchement, potencés au gibet de l’indétermination et tirant parfois sur la corde au point de ne pas en assumer les conséquences), j’aurais voulu, avant de présenter la situation cocasse dont je parlais et qu’une soudaine largesse m’engage à vous révéler, vous dire à quel point je suis fier de chacun d’entre vous :

Immigrés italiens, arrivés massivement avec la première révolution industrielle pour apporter à notre pays leur talent et leur énergie. Espagnols, chassés par les terribles déchirements des années 1930 et venus trouver refuge en France. Portugais, arrivés dans les années 1960, pleins d'ardeur et de courage. Mais aussi Polonais, Arméniens ou Asiatiques. Ressortissants du Maghreb et de l'Afrique Noire, qui ont si puissamment contribué à la croissance des « Trente Glorieuses » avant de faire souche sur notre sol. Tous avez contribué à forger notre pays, à le rendre plus fort et plus prospère, à accroître son rayonnement en Europe et dans le monde. 
Ce fantastique déchaînement d’énergies et de volontés, cette ardeur à la tâche dont ont bénéficié tant de nos compatriotes - blancs, français, parisiens, ouest-parisiens - normaux, cette phénoménalesque parade journalière de nains sociaux revenants du boulot dans les wagons bondés du métro de 18h30, le souris perçant toute suie, tout goudron, tout engrais des mauvaises saisons - mais Lendemains ! Ô Lendemains ! - je disais pour ceux du fond que : ces témoins ridés d’un autre temps, figurants d’une autre croissance, nous devons les récompenser.

Et je veux dire solennellement, avec détermination, que cette promesse, nous la tiendrons.

Par ailleurs, j’oubliai tout à l’heure de mentionner le génie des communautés ouzbek et péruvienne accueillies par nos concitoyens de tout temps ouzbek et de toute histoire péruvienne.

Maintenant, imaginez la scène : j’ai 5 ans, je passe devant un musée d’automates. Chaque visage peint affiche une candeur angélique, professe le bonheur de bien faire son job. Un cliché n’arrive jamais seul, et dans la foule des visages, en surimpression, la vierge pose et moi, emboîtant mains, doigts groupant phalanges avec la même application.

Jeudi 9 mars 2006

 

toutefois l'impression
pleinement toujours, 
pas mutuellement
lien lâche entre une discussion et 
un grand profit 
est en tout cas incontestable. 
la revue des miroirs 
aller le théâtre détaché. 
celui-ci - à la différence de lui - ne voudrait 
Les coqs de polémique confondent 
Ainsi, ils examinent passionnément 
la paroi commençait déjà 
comme résultat 
a représenté une percée 
depuis que surtout 
un large socialement 
ce n'est que peu plus tard, 

la résistance autour 
de ne pas retomber dans nos efforts 
notre montant principal 
plus tard qu'un exemple. 
s'ils n'étaient aussi pas encore complètement 
Comme résultat 
une transformation fondamentale 
à titre facultatif 
deux prières de passage 
dans la tradition prépondérante 
même de larges secteurs 
une assistance d'adjudication. 

dans lequel les confessions déplacer l'un sur l'autre, 
Je ne plaide pas ouverture et alternatives, 
pour tâche générale de confidentes formes. 
mais un mélange de motifs 
y compris la dette ouverte. 
Il avait ici une fonction 
semblable 
La distribution 
après les mots 
remarquer l'importance vaste 
à la place
est toutefois 
sur ces événements 
commencer, 
quand même quelque chose dans l'air. 

entre-temps. 
Lorsque nous pratiquons aujourd'hui partout seulement 
mais aussi
comme prière de table directement avant. 
Après mes expériences, 
dans la séquence des mots 
ne reprend pas, mais seulement 
commencer ne peuvent pas 
ressort de la situation historique: 
ne pouvait pas du tout 
attacher, 
compléter vouloir. 
notre différence essentielle. 
Nous avons su 
Que la réforme n'a pas attaché 

Au début de cette manière 
nous étions alors, 
Ceux ont aussi une importance évidemment fondamentale, 
(élever et montrer des éléments) n'apportent les 
mais 
comme
l'ont dit, inspire et destine les événements totaux avec des mots et des actes, 
tout à fait seulement. 

l'avantage existe en outre 
assez le développement  
considérer peut, 

les premières prises vont 
division la plus simple 
tandis que d'autres 

Formes d'influence de langue étrangère du vocabulaire
on cite alors la procédure, 
lors de laquelle après le modèle 
une expression étrangère 
un mot naît du matériel  

a un caractère à proprement parler formel :  

La classification précise 
est encore compliquée,  

Le modèle énoncé doit montrer, 
quelles possibilités dans le système 
autour dont incitations pertinentes trop 
existent effectivement; 
et prendre en considération. 
Les conditions 
étaient toutefois en partie aussi 
dans le moyen âge précoce 
et plus tard, dans l'atmosphère des modifications 
sociales profondes, 
pour des innovations (pas seulement 
ou la langue effectivement) 
et pour lesquels ils n'ont donc pas eu de propres désignations. 
Il faut souligner particulièrement :
Expressions des natures 
militaires et de guerre, appris 
pendant leur long service 
en tant que 
et historique des événements, 
des idéologies, arranger, changement, scientifique et technique 
Nous peuvent fermer parfois 
de certains phénomènes 

À l'extérieur du contexte des relations
des influences particulièrement fortes 
ne peuvent pas être observées
ont aussi eu lieu témoignent la discussion encore classique 
Des mots de penchement particulièrement fréquents 
dans certains champs 
plus tard 
connaître d'abord. 

la terminologie en question est donc aussi influencée
aussi quelques nouvelles notions du vocabulaire 
D'un siècle on s'est aussi chargé 
la division 
dans la semaine de jour de filtre 
religieux 
(ce point de vue est 
vient à l'origine 
(les autres s'y ajoutaient seulement dans le temps 
En outre, aussi quelques noms de ville 
allemands viennent déjà du temps romain :
des jours ouvrables sont à proprement parler les traductions 

(Dans de la plupart langues
désignations sont plus ou moins semblables)
pour le parfait 
étaient effectivement aussi décisives 
dans ces temps toutefois de facto 
de sorte qu'il est aussi important 
prendre en compte ces structures.
le monde devoir le souvent toujours si bon que 
compliquer fournir. 
Beaucoup de nouvelles notions 
devaient être introduites 
que ce soit par une réinterprétation, 
une construction nouvelle ou une prise en charge. 
Ces créations se sont basées au moins principalement sur des modèles 
Ainsi, les importances originales ont été remplacées 
En outre, quelques constructions nouvelles sont nées 
respectivement, 
des prises directes dépôt aussi. 
Ces mots ne pouvaient plus naturellement participer 
le 2ème décalage de son, de sorte qu'ils sont 
plus semblables sous leurs formes

Toutefois aussi 
quelques affaires plus ou moins 
les expressions suivantes
rendent aussi étanches 

les plantes non indigènes 
qui ont été cultivées d'abord  

la langue-source 
Dans l'époque 
les influences 
ont certes duré loin, 
ont été affaiblies toutefois 
l'antiquité classique l'influence 
se renforçait avec l'humanisme 
et son intérêt renouvelé ce n'est qu'alors que.  

Aussi bien que l'intérêt 
sous autre
réévaluation des langues populaires 
était aussi en vigueur, 
probablement dans les jardins de monastère,  

est aussi resté 
une langue des savants 
et de certaine manière un modèle.  

beaucoup de notions 
presque synonymes importance peuvent avoir mots à exister a également été enrichi. 
a également été reprise à nouveau dans l'humanisme, 
de sorte que ces effets 
des sciences se développant rapidement 
peuvent aussi être prouvés, 
souvent toutefois avec l'entremise latine.

sans changement et leur origine doivent aussi bien 

cf. le tableau : 
des mots sont appelés 
de la langue d'administration : copier, 
à enregistrement, 
du langage juridique : Avocat, 
archives ; 
de la médecine : Nerf, 
saisie, volonté... ; 
du langage juridique: 
patient, 
de la médecine : 
prescription... ; 
chargé généralement sans difficultés être constatées.

 

 

 

 

 

Jeudi 2 mars 2006


la phrase tombe du lit
en émettant un rot hilare     son du mur des dents de l’in consistant en images retournées —————la langue prend des gants et une bêche pour secouer la motte en y incorporant un fumier de boulons et d’écrous     pas de vis filté par quoii l’onirique nocturne est écroué à la raison pensif-i-ante —————grammaire et syntaxe  ou la police investit le palais de la bouche de la tête des rêves     automaton et  tilation par laquelle la langue n’est plus que muscle —————elle tire une corde où planter ail et oignon entre les graines déshydratées de la nuit     virgules et points leur donnent une haleine propre à serrer les lèvres pour qu’elles étouffent toute velléité du rire de la pensée —————arrivé au bout elle tire une autre ligne où pendre des poireaux d’outils d’exception     lignes de lignes forment des planches que le potager de la bouche doit produire au printemps des années —————avant     long avent     que l’hiver passe à l’hilare     passer un savon  ou au crible  ou à tabac  revient à rendre le terrain glissant     salive ou l’escargot de la pensée  on ouvre parce parlé obligé 

 

Mardi 21 février 2006


à Arno

Ceux qu'on interroge sur la question encore d’une poésie vraie sont toujours des humains d’aujourd’hui, et d’abord des hommes et des femmes oraux dans une civilisation de l’écrit. Il y a un désir de trouver l’homme oral à toutes les époques, et on revient toujours à l’astreinte fabricante et  hypomnésique dans cette affaire. Les formes sont là pour soutenir une mémoire des conversations, dont les conversations sur les livres, qui sont de la langue vivante sur la fixation des étapes de vie antérieures de la langue. La nécessité de soutenir une mémoire de la parole est une astreinte rythmique, un art, s’il faut plus qu’un compte-rendu d’interview.  Je peux partir à Clarens ou dans le désert pour bien penser au poème vrai, à l’homme vrai, et poser les questions de l’essayiste qui botanise et se promène. Je peux aller faire du surf, passer la barre et les machines à laver virtuelles et dire qu’on va tous être dans du poème ou de l’origine purs, et ne pas poser les questions. Mais ce n’est pas sûr que j'y pense mieux, loin de tout, c’est-à-dire sans en parler avec des voisins, ce nombre de conversations et de rues aux buses tout ouvertes, dans le son quotidien des pompiers et des échaffaudages par exemple, des klaxons par exemple, le son quotidien d’x ventres en prose courante, en prose-sms, en prose téléphonique, en prose comme elle va ni calée ni flasque.
En françaisarabeitalienchinoismalgache.

Et puis le son de la mer un peu partout. Ah bien. Qui veut parler comme la mer, qui veut parler comme la plage doit savoir ce que mer et plage veulent dire dans une ville aux buses ouvertes, publiques. Les buses ouvertes mettent sous condition des jambes qui marchent aujourd'hui, des promeneurs d'aujourd'hui, des contemplatifs d'aujourd'hui. Des amoureux de la mer et de la plage, pareil. Des amoureux de l’homme vrai. L’image des buses ouvertes ou des rues en chantier est un peu l’image de l’absence de tout secret à l’heure actuelle. Les conditions de la flânerie ne sont plus un secret pour personne. Mais l’image de la buse découverte rappelle que les efforts de la flânerie sont aussi ceux d’un soc de la pensée dans le terrain.  De l’invention d’une mesure de la discrétion dans « de la prose » ou du tout-extraverti. A viser l’hypomnésie. Les rues ne sont pas données, pas plus que la technique du flux et du reflux des rives du lac de Bienne intégrés. Alors j’imagine qu’on est dans une ville qui s’appelle Oxbow (-plage, -prose, -poésie) et pas Clarens, dans la musique d’Oxbow, brouillonne d’apparence, violente, pornologique et tenue, et pas dans l’idée de la musique selon Rousseau, où on doit bien faire parler une pensée qui vient momentanément et fatalement après les livres. Pas une parole idyllique d’avant les livres. Qu’est-ce qu’une forme de chercher l’hypomnésie à Oxbow, quand tu parles. Une prose vers l’hypomnésie, en vue d’elle, est un gage qu’une prose puisse remplir les tâches de l’invention du vers dans les traditions orales. Proses spéciales et utiles comme de la métrique appropriée au besoin de synthèse à passer de bouche en bouche. « La » prose ordinaire n’a jamais suffit pour converser.

 

Samedi 18 février 2006


Traduit de l'américain par Guillaume Fayard



— L'ARGENT – "
Porte chapeau rouge dans le bus &
incohérent blablate au chauffeur qui en a
vu assez de toutes les couleurs.
Les antennes
de tv obsolètes restent des perchoirs de premier choix
pour les oiseaux.
Les amis [se disgrâcient les uns aux yeux des autres avec leurs
désirs]. Cascade.
Une envie de vivre
dans l'absolue
fiction de prunes
soudaines. Toutes les jeunes tombent
dans un panier
d'actions pour le marché.
Carène. Une carrière
de cocaïne, porteur du virus &
palpe cette partie du corps démembré.
De retour
au formulaire MAISON lotissement A LOUER enfants
fumant au coin de la rue, mangent
DIX de ces
esprits interdits
bancaires – soupe de poule.
Logés dans les interstices
de dents bancales.
En tant qu'homme je suis un [
___________________________________________
] et j'ai reçu les lettres au
courrier.
La beauté de la lumière éclatant sur
même le visage le plus ravagé.
Né dans une grange, mort dans un chenil.
Les voitures filantes & leurs
bagages.
En tant que femme je suis une [
] et j'ai posté la correspondance.







Extrait de Pause Button,
traduit de l'américain par Guillaume Fayard

téléchargeable en anglais -
http://www.ubu.com/ubu/davies_pause.html

Dimanche 12 février 2006



* Chaque perforation est élément de réalité. Je parle de toutes. Corporelle, Maternelle, mais aussi les trouées du furet, le déchirement des nuées, la montagne de la taupe et mon nombril.


* Aujourd’hui je supprime mon canon et toutes les filles et les tortues de ganglions qui me bousculent le souffle et vrille le poumon. Toutes mines qui percent crâne comme dictature 



* Je baille à votre peur et propose sur les décombres de mes intestins l’appétit et le lointain. 


 
* Finie la peau qui se croit souple et rompt la distance même dans le couple où l’aimée disperse ses talents. 



*(Le concept se prépare, indu dans le brouillard). 



* C’est un ciel clair de doute, éclatant sidéral, filant du futur avec peur des franges et de la marge non encore stabilisée. Les fragrances des repas agrafent les acides au vivant, rompent l’étranger et ses parts à des quotients connus.

Samedi 11 février 2006




CASTOR et POLLUX ont les mêmes moutons d'or
POLLUX et CASTOR ont les mêmes pantoufles luxe
ont les mêmes pantoufles en mouton retourné
MAIS
si CASTOR les met pour son compte
POLLUX

les met lui pour celui du mouton

Mercredi 8 février 2006




je fais la parole je fais le détraquement je fais le
détraquement à la parole je lui fais son détraquement
à l’autre j'la détraque sans la prendre de haut la
parole non non non je prend rien de haut je détraque
tout à égalité et j’égalise le détraquement je veux
que tout soit détraqué pareil que rien puisse encore
fonctionner je veux quié rien qui soit privilégié qui
en ait pas un au milieu qui fonctionne non toumonde il
est détraqué veux que toute chose soit complètement
détraquée la parole complètement détraquée
complètement disfonctionnante la parole que l’autre
s’y retrouve pas dans la parole que l’autre y patauge
dans son parler que l'autre soit pris comme moi que
l’autre i soit complètement désarticulé

c'est que la parole c’est l’autre et je lui fais son
détraquement à la parole mais c'est aussi que l’autre
c’est la parole alors i faut que l’un comme l’autre
soient totalement détraqué quisé les rouages
complètement encrassés et complètement encrassés de
cassures et que la cassure elle se répande par la
parole et que la parole détraquée touche très profond
toumonde a égalité c’est important que toumonde se
mette à penser de traviole que plus personne ait la
force de pousser une pensée normée que plus personne
ait l’idée d’aller travailler faut vraiment pousser le
détraquement très loin jusqu’au disfonctionnement faut
que plus personne ait l’idée que ça puisse continuer
que ça puisse continuer à fonctionner faut répandre
partout l’irrégularité à égalité faut que tout
devienne irrégulier faut que la parole contamine sa
maladie faut que la parole contamine son détraquement
à toumonde en particulier faut la contagion du
détraquement pour toumonde à égalité faut oublier
personne et qu’a toumonde soit complètement enlevée la
possibilité d’essayer de continuer d’essayer de
continuer de faire quelque chose de régulier on va
tout forcer à l’irrégularité que plus personne puisse
réparer la machine qu’on puisse plus arrêter la
machine à disfonctionner qu’on puisse plus arrêter la
machine à parler qu’on puisse plus l’arrêter de
disfonctionner que plus personne sortent les outils
pour réparer! circulez ya plus rien à réparer! faut
vider les têtes de cette idée de réparer et faut vider
les têtes de cette idée de fonctionnement et
d’ailleurs faut vider les têtes de toute idée faut
plus qu’les enfants veuillent devenir réparateurs faut
plus vouloir devenir quelque chose faut plus vouloir
devenir quelque chose de régulier faut macérer à
égalité dans l’irrégularité faut que toumonde i macère
dans un jus tout détraqué faut plus qu’on vienne faire
sa bricole circulez ya plus rien à bricoler! faut plus
appeler le réparateur maintenant faut tout laisser
irréparé faut désirer maintenant tout laisser en plan
faut désirer maintenant tout vivre de traviole

on fait tout dévier vers le détraqué on dévie la
parole de son circuit et on adresse notre parler au
détraqué on fait détraquer le parler de toumonde
toumonde il a intérêt de savoir ce qu’on lui fait à
son parler on parle à égalité avec le détraqué on
pousse not'parler on pousse notre chant de
détraquement on pousse son chant et pas pour
comprendre on parle pas pour comprendre on parle avant
de comprendre on parle sur plan on planifie notre
détraquement on s’plannifie le détraquement on
s’détraque le parler on s’détraquons la chanson

on s’fait la chanson au lieu de parler on fait not'
chanter on s’fait la chanson maintenant je fais le
chant et je fais pas le discours non non non je fais
le chant je fais le chant de détraquement je pousse
mon chant de détraque elle est toute détraquée ma
chanson elle est tout’en spasme la chanson elle est
toute spasmique ma chanson et crisique je fais la
chanson non pas le discours je le fais pas le discours
i tient pas à moi le discours i me tient pas à la
carne le discours me tient pas à la crise le discours
suis trop crisique pour qu’un discours vienne à moi
j’ai rien qui tient à la crise j’ai rien qui tient
dedans et personne n’a quelque chose qui tient

on a pas d'cordon pour se rattraper l’dedans non non
n'a rien qui tient mais tout nous sort touletan du
trou nous même on se sort de not'trou et on s’accouche
de notre bouillie par l’trou on a les contractions et
on accouche d'la bouillie et la bouillie c'est on

n'a pas l'discours dedans n'a pas de discours propre
non non non ell'a pas fonctionné pour nous la machine
à discours not'parl'être crisique l'a tout encrassé la
machine oui oui oui on pousse le chant et pousse le
souffle on pouss'à la soufflance on s’pousse les
contractions et on s’accouchons d’la chanson

on met l'chant disfonctionnant dans l'
disfonctionnement parlant et d’la parole foutraque
sort la chanson

voilà ça vient d’là qu’on fait la chanson

pousser l'disfonctionnement fait l'chant et ça
jourd’hui c’est important de faire chant et d'couper
la communication jourd’hui il en va d’la vie de couper
la communication c'est qu'on a rien à dire on coupe la
communication et on transmet la coupure voilà on
transmet soi le coupé on transmet ça qu’on est on
coupe le charabia à communica et on s’transmet voilà

on est les coupés on donne not'pure coupure fait
chant fait chanter l'disfonctionnement fait danser
notr’intensité on s'donne et donne notre retranchement
dans le rien-dire on communique la parole coupée c’est
l’interruption d’avoir à dire qu’on fait passer c’est
là où que ya une faille qu’on peut passer c’est par là
où c’est cassé qu’tu peux rentrer

on communique not’crise dans la parole crisique on
pousse la chanson on communique la poussée d'soi et
dans l'communica se consume le bout d'soi qu'on
appelle moi

la parole crisique tout’en détraque c’est ça qu’j'
appelle chanson l’égorgement d’la parole pleine c’est
ça qu’on appelle chanson la poussée d’la verberie
détraquée c’est ça qui pour nous est chanson

on n'a pas la parole on a la chanson et on n'a pas le
corps on n'a pas le corps d’où qu’elle sortirait la
parole et on n'a pas la vie on n'a pas la vie qui nous
ferait vivre et on n'a pas le vivre qui nous ferait
dire on n'a pas le livre on n'a pas le livre où
quiaurait le dire dedans on n'a pas le dedans on n'a
pas le dedans où que la parole se calerait pour dire
on n'a pas l’unique livre qui s’rait là pour nous dire
on n'a rien d’unique ça qu’on est c’est un corps
qu’est pas unique et qu'est sans parole et qui cherche
qui est un corps qui cherche quoi dire et cherchant
cherche à se dire

on est un corps en fuite mais i fuit là où on est
c'est là qu'on cherche on cherche le soi où habiter et
c'est dans la chanson qu'il est

mais chercher ça transforme et on n'a plus de forme
c'est que not'fuite nous transforme et qu'd’avancer
vers la chanson ça transforme ça fait quitter le soi
qu’on a ça fait quitter le je que j’a ça fait aller
vers l’animo et j'y va j'quitte l’humain tchao lucien!
on fuit l’humain ! j’m’en va à l’animo!

on s’quitte outre soi et on squatte l’animal c'est
qu'elle est là la parole qu’on cherche l’est pas
humaine et on s’cherche notre habitat dans l’inhumaine
parole c'est là qu'on s’cherche l'acte qui est un acte
à vivre qui est un acte pour vivre on s’cherche un
acte inhumain où qu’on s’rait d’un coup violemment
collé à nous voilà on s’cherche l’acte qui ressoude on
s’cherche l’acte irrespirable

on cherche l’acte irrespirable on s’fuit d’soi en
apnée très vite on passe par la langue cherchant
l’acte invivable

on cherche pas l’action non non non on cherche l’acte
qui est notr’act’à vivre invivable

pour vivre on fait l’acte on est obligé on s'fait
l’acte sans signification on s’ouvre à ça à l’acte
vide pour s’ouvrir le vivant on acte notre maintenant
on s’acte dans l’ici oui oui oui on fait l’acte sans
signification

on fait pas l'action non non non on fait l’acte on
geste l’acte sans signification et on parle pas on
acte on geste un acte dl'langage et on fait pas
l’action non non non on fait pas l’action avec origine
but et signification non non non ici on signifie rien
on signifie rien d'autre que l'acte qu'on fait c'est
l’acte qu’on est

on est rien qu'on et on dit rien c'est que dans l’acte
on n'est plus soi et personne ne peut dire moi c'est
qu' aucun moi ne tient dans l’acte et même le moi perd
la face dans l’acte

on a rien autour et rien en face on est dedans l’acte
et on fait la vie là on fait l'acte dans l’absolu
dehors du dedans et tout plein d’la force du dehors on
est dedans l’acte qui est d'la concentration de dehors
qui n'a pas de but qui n'a pas de sens qui ne se
projette pas et on ne se projette pas on est tanqué
droit dans l’dehors qui est l'dehors d’en soi qui est
l'acte qu'on est et on est dans l’acte on s'langue et
ça nous fait être et l'être signifie rien et c'est
bien je fais l’acte et je fais l’acte de détraquement
je fais l’acte de disfonctionnement et je fais l’acte
d’écroulement et je m’écroule c'est que l’acte c’est
de s’écrouler l’acte c’est de finir dans l’écroulement
à la fin on s’écroule

 

Jeudi 19 janvier 2006


valentino valentine
 
sij’étaistapetiteamielang
je sentirais que c’est comme coucher avec elvis
je me sentirais une vampire
et je ne m’habillerais
jamais.
sij’étaistapetiteamienina
mais c’est trop tard.
je ne veux plus.
comme une vache folle.
crème de soupe de poulet.
petit agneau perdu.
sij’étaistapetiteamiestephen
tu me tromperais
je serais obligée d’être frigide
alors tu pourrais être
serveur dans un bar type pas de baise raisonnable
qui justifie que tu lui flanques une volée suggestivement
en route pour les urinoirs
à la fille cruche qui boit allumeuse
coincelacoincela dans un coin mec
m e c
ohyeux
bleus. ojlesouhaitepardessustout
tu existes pour être sacrifié
(mais je t’ai sacrifié)
sij’étaistapetiteamieaustralian
mais maintenant je me calme.
est-ce que tu en fais tout un plat quand tu manges ?
est-ce que tu peux libérer la volée de pigeons voyageurs 
et leur faire confiance pour qu'ils reviennent
vers toi ?
moi je crois.
moi je crois.
sij’étaistapetiteamieaustralian
je serais à la dérive.
je serais une mouffle
un manchon
je serais dans ta merde.
je serais une fille, une sacrée fille
en rouge et odoriférante, respectueuse.
un peu loupée.
un peu menottée
un peu presse-moi les boutons
pour me faire membrée
et très intelligente en même temps.
est-ce que tu les aimes offertes en spectacle
pour cartographier les grains de beauté, évasées &
coulant comme un petit ruisseau
le long de la berge ?
j’ai vu les premières scènes du kangourou.
mais oublions ça.
le mot clé étant si ce petit sifflement
à la jupe enlevée
d’un mot.
tu peux renifler
mon désir de jeune jument
d’un besoin.
c’est tellement chouette de s’asseoir et d’attendre.
je peux faire confiance à mes sens.
ils disent assieds-toi et attends.
j’ai un rendez-vous.
tu m’as manqué dans la jupe
et dans mes talons masochistes.
sij’étaisvotrepetiteamiecitronmeringue
sij’étaistapetiteamiegrosmelon
sij’étaistapetiteamiemariacallas
sij’étaistapetiteamiepalomino
sij’étaisvotrepetiteamieclochesd’argent
sij’étaistapetiteamietrampoline
sij’étaistapetiteamiedivinesalope
femmecassecouillesjprendspasdelamerde
je me prélasserais
au soleil
de votre énergie
vous dormiriez
au creux
de mes reins
je serais une fenêtre panoramique
et une gorgée
et un oreiller.
je ferais ma mue et deviendrais lueur
à enchanter votre monde familier.
je vous ferais dîner
n’importe quand.
je voudrais vouloir
rester
sur la pointe des pieds.
mais pas dans un brouillard.
je m’assurerais que vous avez été là
toujours là
 
 
 
 
Copyright Sabina Valentine &Candace Walsh, 1996.
Traduit de l'américain par Samuel Rochery.
 
 
 
Mardi 17 janvier 2006


Cet écrit ne serait pas un livre ; car il n'y a pas de livre, si ce n'est comme idéal du corps organique immobilisé. Ce ne seraient ici que morceaux divers, chaque morceau étant de format variable et relevant de son temps propre, commencé et fini avec lui, - qui iraient ou n'iraient pas prendre place ici et là, ou plutôt : subir l'incandescence ici et là de la giration de la barre. Que tel corps client s'y trouve aussi, c'est bien. Qu'il ne s'y trouve pas, c'est bien. Pas un livre, seulement des fasicules de libido (ce qui donnerait l'occasion aux chiens de toute garde de traiter l' "auteur" de fasciste, quand il est fasciné.)

Lyotard, économie libidinale.
 

 
Tu ne trace rien ce que tu vie seulement te trace dans la mesure où ce que tu vie est inconnu de tous, même de toi.
Francis Palanc.
 
Matthew a huit ans et, au jardin d'enfants, il fait partie d'un groupe de huit. Matthew était en train de pétrir un morceau de pâte bien ferme. Il s'écria, en entourant la pâte de ses doigts et en la serrant contre sa poitrine : " C'est moi ! C'est moi ! " Matthew s'attarda longuement à ce jeu. Il plaça la pâte entre son derrière et la chaise et s'assit dessus ; la pâte, aplatie, prit la forme d'une grande crêpe. Posant alors la " crêpe " sur la table, il essaya de l'écraser avec le genou. Puis il appuya son ventre contre la table et, levant les pieds, il écrasa la pâte. Il ne dit pas un mot au cours de ses activités. Avant de s'éloigner de la table, il fit passer la pâte dans le hachoir fixé à son bord en murmurant, ravi : " C'est mou ! C'est mou ! "
observation 5 ( notée par Mademoiselle Manolson ) in France Tustin, Autisme et psychose de l'enfant
 
 
  
Scribe : Arno Calleja

EDITO


1) Les cahiers de Benjy sont un journal collectif à l'allure abstraite détourné en anthologie progressive, où tous les mois du calendrier peuvent dire qu'il y a une  vie contemporaine des formes.

2) Plus ou moins cinq fois par mois, Les cahiers de Benjy accueillent un auteur / un texte, dans la rubrique Les cahiers. Benjy l'idiot, au sens chronologique bizarre, enregistre l'écriture de comportements singuliers, les petits drames insulaires grammatiques. 

3) Benjy a un frère, Bartleby. Il scribe de temps en temps dans la rubrique des Citations composées. Les citations sont des petits magasins pour le travail, comme les liens dans les biobliographies.

Benjamin Compson

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