Mercredi 7 septembre 2005



1. Tirer par les cheveux / se tirer sur le sexe 

On pense que les vêtements, créés pour les femmes, n’ont longtemps servi que de camisoles pour le sex[e]. Sur ce postulat (honnête, intuitif, honnête parce qu’intuitif), nous – privatif[s] - entamons une réflexion sur la langue. On pense que les vêtements de femmes n’ont longtemps été que dissuasifs. On dit des femmes qu’elles sont une énigme, il faut avouer, posé qu’elle est, a pour fonction d’être dissuasive, par conséquent enclose en ses habits, il faut poser, avoués, que l’homme a bouffé la clé de son propre secret, l’a digérée, en a oubliée la forme (si bien que retournant les abords de son cul comme il était d’usage il ne l’a pas reconnue) ou peut-être en a-t-il désappris la fonction (si bien que retournant les abords de son cul et trouvant cet objet singulier, il l’a utilisé dans des proportions et à un rythme industriels, emploi infidèle à ses croyances devenant religion, orphelines encore des mythes fondateurs : passion du pain, du chocolat, rognures d’ongle sur le parquet, je parlais de la langue, dit un homme qu’on croyait retournant son cul égaré dans le début de ce texte). Je parlais de la langue, immaculé je concevais pour être digne d’une femme que la camisole a ravi ma vie selon la sienne : je buvant – elle priant, tous deux vierges des contractions de notre temps, établie sur un morceau de paille - je mourrant de pain dans un recoin de ma chambre. Je parlant de la langue, pensant aux femmes, émettant le vœu de voir tomber les camisoles, toutes qu’elles soient, de toute sorte qu’elle camisole pour le cul, surtout ; mais nous parlons une langue sans sexe. On nous dit que la vierge est ayant évité l’enceinte étant demeurée (en)close à l’abri des fantasmes pervers que les hommes auront encore dans dix milliards d’années + martiennes belles croupes accroupies pissant dans le blé terrien, fauchant l’intimité de notre genre avec ses femmes, avariant les ressources, compromettant la vie sur Terre – en est-il kifkif (bourricot) de la langue (onagre, aigre, en gare de mon texte pour l’instant que vos yeux y sursoient les activités nécessaires) ? Non – (limites du débat dans le domaine des convictions d’un jeune homme de 21 ans), la langue n’est pas vierge des boniments de la conscience, elle n’a pas évité la maternité oppressive que notre genre – humain, français, parisien – avons provoqué. Et puis nous – bourratif(s) - mangeons trop de pain.

Lucioles jaune-vin dans le formol – espoir – courbe ascendante – on modère l’appétit du propos : nos vies ne sont pas dupes des érections médiatiques de la langue, et même si, même si vous bandiez avec eux nous – curatif(s) – vous avorterions dans les plus brefs délais ; nous parlons une langue sans sexe. Les pharmacopées du district post-adjectival – on abuse des verbes dans le fond, on ne définit plus, on ne qualifie plus, on actionne une roulette à langue, on déroule, avec parfois l’élégance d’une bonne formule – ont une efficacité prouvée dans ce cas précis. Par ailleurs, et c’est un problème bien émancipé de celui de la langue, il n’y a plus de saisons.

Saison de la langue
Saison du gazon
 
Ratisserons-nous
Tes inhibitions
 
Ferons-nous d’une gangue
Un stade du Roudourou  

(le stade du Roudourou de Guingamp est célèbre – au moins devrait-il l’être – pour ses fameuses structures en béton.)

Et que voulons-nous, qui passons nos journées à la salle de sport ou au lit, des électrodes cachées sous la couette, sinon une bonne grosse langue en béton, capable d’affaisser les grues en proie aux plus honteuses bandaisons ? On pense que la langue, créée par les hommes, n’a longtemps servi qu’à empêcher de bander (de bander trop, la langue est une dictature douce).

 

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EDITO


1) Les cahiers de Benjy sont un journal collectif à l'allure abstraite détourné en anthologie progressive, où tous les mois du calendrier peuvent dire qu'il y a une  vie contemporaine des formes.

2) Plus ou moins cinq fois par mois, Les cahiers de Benjy accueillent un auteur / un texte, dans la rubrique Les cahiers. Benjy l'idiot, au sens chronologique bizarre, enregistre l'écriture de comportements singuliers, les petits drames insulaires grammatiques. 

3) Benjy a un frère, Bartleby. Il scribe de temps en temps dans la rubrique des Citations composées. Les citations sont des petits magasins pour le travail, comme les liens dans les biobliographies.

Benjamin Compson

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