3. La pâcture républicaine ou l’incarnation pasteurisée (parabole intraduite du jargon dominant).
Sauf la bureautique des skyblogs, qui est le dernier bastion générationnel en 2005 dans le magmatique Occident, on peut considérer que le suicide politique constitue la seule panne technologique grave subie par le genre humain-français, chose somme toute rassurante pour tous ceux qui croyaient encore que le bug de l’an 2000 avait bouleversé la rotation de la Terre autour du soleil.
Et cela résulte directement de.
La façon perverse par le biais de laquelle on vautre systématiquement, depuis que j’ai poussé mon intérêt pour la politique jusqu’à voter aux régionales, l’élan citoyen, populaire, militant dans un recours législatif serré du cul ou, mettons, tendu du slip (on sent mieux peut-être dans cette expression ce que les procédés politiques en République Démocratique de France peuvent avoir de ringards et donc d’abominablement sexy pour un tas de gens d’une ringardise équivalente), cette façon perverse de manœuvrer par le droit contre l’espace des droits ressemble à une situation dont je me ressouviens maintenant, non sans une certaine émotion.
Et qui entretient des rapports étroits avec ce que je m’efforce de présenter dans la plus grande transparence et avec le plus de clarté possible.
Mais avant d’exposer cette situation, qui ne me paraît pas tant essentielle au propos d’aujourd’hui par son rapport indéniable avec les événements dont sont victimes en ce moment-même plus de 70% des gens de cette planète - sans compter que nous mourrons tous - mais plutôt parce qu’elle n’est réductible à aucune statistique et d’ailleurs presque pas réductible du tout, avant donc d’exposer cette situation j’aurais voulu, non sans écarter les critiques que ce discours pourrait susciter, non sans répondre aussi, au préalable, aux questions légitimes que se posent aujourd’hui les 60% de votants sur qui compte notre République (vaste et généreuse et qui prend les décisions douloureuses que quelques deux dizaines de millions de non-votants rechignent à approuver franchement, potencés au gibet de l’indétermination et tirant parfois sur la corde au point de ne pas en assumer les conséquences), j’aurais voulu, avant de présenter la situation cocasse dont je parlais et qu’une soudaine largesse m’engage à vous révéler, vous dire à quel point je suis fier de chacun d’entre vous :
Immigrés italiens, arrivés massivement avec la première révolution industrielle pour apporter à notre pays leur talent et leur énergie. Espagnols, chassés par les terribles déchirements des années 1930 et venus trouver refuge en France. Portugais, arrivés dans les années 1960, pleins d'ardeur et de courage. Mais aussi Polonais, Arméniens ou Asiatiques. Ressortissants du Maghreb et de l'Afrique Noire, qui ont si puissamment contribué à la croissance des « Trente Glorieuses » avant de faire souche sur notre sol. Tous avez contribué à forger notre pays, à le rendre plus fort et plus prospère, à accroître son rayonnement en Europe et dans le monde.
Ce fantastique déchaînement d’énergies et de volontés, cette ardeur à la tâche dont ont bénéficié tant de nos compatriotes - blancs, français, parisiens, ouest-parisiens - normaux, cette phénoménalesque parade journalière de nains sociaux revenants du boulot dans les wagons bondés du métro de 18h30, le souris perçant toute suie, tout goudron, tout engrais des mauvaises saisons - mais Lendemains ! Ô Lendemains ! - je disais pour ceux du fond que : ces témoins ridés d’un autre temps, figurants d’une autre croissance, nous devons les récompenser.
Et je veux dire solennellement, avec détermination, que cette promesse, nous la tiendrons.
Par ailleurs, j’oubliai tout à l’heure de mentionner le génie des communautés ouzbek et péruvienne accueillies par nos concitoyens de tout temps ouzbek et de toute histoire péruvienne.
Maintenant, imaginez la scène : j’ai 5 ans, je passe devant un musée d’automates. Chaque visage peint affiche une candeur angélique, professe le bonheur de bien faire son job. Un cliché n’arrive jamais seul, et dans la foule des visages, en surimpression, la vierge pose et moi, emboîtant mains, doigts groupant phalanges avec la même application.
1) Les cahiers de Benjy sont un journal collectif à l'allure abstraite détourné en anthologie progressive, où tous les mois du calendrier peuvent dire qu'il y a une vie
contemporaine des formes.
2) Plus ou moins cinq fois par mois, Les cahiers de
Benjy accueillent un auteur / un texte, dans la rubrique Les cahiers. Benjy l'idiot, au sens chronologique bizarre, enregistre l'écriture de comportements singuliers, les petits drames insulaires
grammatiques.
3) Benjy a un frère, Bartleby. Il scribe de temps en
temps dans la rubrique des Citations composées. Les citations sont des petits magasins pour le travail, comme les liens dans les biobliographies.
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